Lecture très personnelle d’une AG mouvementée

Sur le plan personnel, je suis partagée sur cette AG. En réalité je suis partagée à propos de toute mon année. Probablement parce qu’elle a été sous le signe de la sortie de la zone de confort. J’ai l’impression que l’un a été (beaucoup), le reflet de l’autre.

D’avance désolée lecteur pour ce roman, j’ai un paquet de choses à déballer.

Une petite fille dans un costume trop grand

C’est la première fois de ma vie que j’occupe un poste qui ressemble à « président ». J’ai jamais autant trouvé l’associatif difficile. Les moments comme la bataille d’ACTA, où c’était le feu tout le temps partout, j’en ai un assez bon souvenir. C’était super dur, mais c’était chaleureux. Ouais, on collectionnait les nuits blanches, mais il y avait ce plaisir à faire ensemble. Les nuits avant la sortie du nouveau site de FDN (dont j’ai intégré la maquette), pareil. Là, c’était juste dur. Marrant, moyen. Chaleureux, sur le fil de l’année, pas tellement.

J’ai écrit un peu sur ma solitude par ailleurs. Elle se ressent un peu dans le dernier billet, sur l’autre blog (celui qui n’est pas intime). Ç’a été une année froide.

Aussi, d’habitude, je trouve facilement ma place. Même si c’est nouveau ou difficile, je mets vite à faire. Là, j’ai trouvé tout éprouvant. Comprendre ce qu’on me demande (et ce n’est pas encore tout à fait clair). Le faire bien. Ça n’a fait que me demander de faire des efforts (le premier étant de cesser de trembler des genoux en entendant « présidente ») avec un retour difficile à cerner. A la veille de l’AG, j’étais lasse.

Je suis donc arrivée assez abattue, séchée par une sorte de course entre les deadlines de publication pour le boulot, une consultation du BEREC, et un gros gros coup dur dans ma motivation, survenu après l’AG de La Quadrature. J’étais mal ajustée, disons. Mal avec ce que je faisais, et éprise d’un profond sentiment de « à quoi bon ? ».

C’est remonté (un peu) les quelques jours avant l’AG, grâce à tout plein de petits mots de soutien (merci !), une séance de travail hyper productive, et un peu de régulation (un jour je devrai remercier l’ARCEP pour le support moral indirect qui consiste en : publier des trucs à lire régulièrement). Je me suis dit que finalement c’était utile.

Je n’ai même pas eu le temps de stresser par avance comme je fais d’habitude. Normalement, je dors mal les trois nuits qui précèdent l’AG, je fais un cauchemar affreux la veille du temps formel (qui consiste en général en : vivre le pire scenario possible). Là, rien. J’ai dormi comme une masse (étais-je fatiguée ? c’est probable) et j’ai fait un rêve terriblement idiot la veille de l’AG.

Je pensais être détendue, je me dis à posteriori que je n’ai même pas eu le temps d’avoir du souci. J’en avais un peu, pourtant. Mais il avait juste disparu dans un tourbillon de choses. Pour le reste, j’étais assez rassurée par l’organisation de l’AG. Ça a dû suffire pour ne pas faire affleurer le stress habituel.
Du coup, le premier jour était bien. Je discutais avec tout le monde, les ateliers de rencontre étaient cools et je me sentais en confiance avec l’animation que Méli et Lunar avaient préparé. Et puis le temps se dégageait.

C’est à partir du moment où on a commencé à discuter des sujets clivants que ça s’est corsé. Je connaissais ces tensions. Je sais depuis un moment qu’il y a des visions très diverses (et pas toutes compatibles entre elles) de la Fédération et de ses missions. Je savais qu’on devait un jour ou l’autre passer par ce moment peu agréable où l’on se dit qu’on n’est pas d’accord. Mais clairement, je n’avais aucune énergie pour supporter voire gérer ça –tu ne ressors pas d’un trou noir dans ton énergie et ta motivation dans la meilleure des formes pour gérer du dissensus. D’autant que les dissensus sont tout de suite apparus comme très durs.

En plus de ça, globalement, j’avais plusieurs regrets à propos de mon exercice passé. A commencer par m’être occupée trop tard de l’AG (ce qui a été source de tensions). Il y a des débats que j’aurais aimé lancer plus tôt pour qu’on ait le temps d’en discuter, aussi. Je suis toujours aussi fâchée avec le peu de temps que je peux mettre dans le paquet télécom. J’avais passé mon dernier mois à cran à grogner sur les gens et ça ne m’allait pas (je suis plutôt le genre à vouloir distribuer des messages soutenants à tout le monde, un peu comme le Grand Blaireau de Pouffsouffle, tu vois). J’ai constaté qu’il restait des hématomes à vif. Il y avait sans doute trop de fatigue. Tout cela était bien amer.

Globalement, je me sentais un peu petite dans un costume trop grand. Et c’était la première année que je co-présidais le temps formel. L’orga, c’était géré, le lieu, pas de soucis, l’animation, ça roulait. Mon travail à moi dans cette assemblée générale c’était de passer la parole, de suivre le débat pour reformuler un désaccord si besoin, mettre des motions aux voix. C’est ça, en gros, présider. Alors, on était deux, mais maintenant c’était aussi mon rôle.

Ça m’a fait tout drôle de réaliser que je distribuais aussi la parole en fait, pendant le bilan moral. Et ça m’a fait du bien. Parce que ça faisait partie des choses que j’appréhendais. J’étais contente d’arriver, du moins au début, à ne pas trop perdre la face dans ce rôle. C’est cool. Mais ça n’a duré qu’un temps : ensuite la réalité m’a rattrapé.

Ça, c’est le moment où, alors qu’on tombe à peu près d’accord sur le fait de reporter un point à discuter un peu plus tard, je me casse. Et là je dois des explications à tout le monde. Je ne montrais aucun désaccord. J’étais juste –comment dire– en train de déborder d’émotions.

Débordements

Interlude psychologie de comptoir si tu veux bien lecteur, attention.

J’ai entamé un gros travail sur moi les deux dernières années, pour me remettre d’aplomb après les coups que j’ai pris.

Et ça a marché : je suis passée d’un état où je tremblais en racontant ça, à un état où je peux raconter ce qu’il s’est passé pour dire « hey on en est sortis ». C’est bien. Mais ça a aussi ouvert une brèche. Celle avec laquelle j’ai compris comment je fonctionnais. Et où donc, j’ai dû remettre des choses en question.

Maintenant, je suis plus en paix avec ma manière de réfléchir et de travailler, mais aussi avec tous ces trucs inexpliqués qui arrivaient dans l’interaction avec les autres. J’ai admis qu’en plus de tout faire très (trop ?) vite, mon cerveau traitait en priorité les émotions. Et en full HD, tant qu’à faire. C’est chouette parce que j’ai des joies d’enfant quand je vois passer un train, ça fait rire Benjamin (il en faut vraiment peu). C’est moins chouette parce que le moindre stress m’atteint assez violemment. Je ne suis jamais « un peu » stressée. Je suis à 100% stressée. Même le bout de mes cheveux est stressé. Quand je suis en colère c’est horrible. Je suis vraiment en colère. Tout est hypertrophié. C’est comme si j’avais une loupe : je vois toutes les émotions su-per bien. Mais en plus gros aussi.

Ça vaut aussi pour les émotions des autres, j’y suis hyper sensible aussi. C’est top pour déterminer d’où viennent les tensions dans une assemblée (machin était en colère, ça explique qu’il ait dit ça comme ça), c’est génial quand tu fais de la scène (tu prends TOUT le retour positif du public), moins top pour l’aspect éponge à merdier émotionnel. Il y a des gens avec qui on réussit à faire la boule de neige de l’enfer comme ça : je suis stressée, iel est stressé, je suis encore plus stressée, donc iel est encore plus stressé·e, etc.

Je sais le nommer, maintenant, ce moment où l’émotion me monte à la gorge et où elle va exploser, et où je ne contrôle plus rien : c’est une bouffée d’émotions. Je sais qu’il n’y a rien à faire de plus (en tout cas pour l’instant, avec les moyens dont je dispose) que s’éloigner, laisser l’émotion faire son chemin, pleurer un coup, revenir. Maintenant j’anticipe : « woh, ça va exploser, il faut que je sorte ». Je quitte la salle et je vais souffler un coup, dans un endroit isolé, le temps que ça retombe.

Quand j’étais petite, je partais bouder systématiquement quand j’étais fâchée. C’était juste une manière naturelle d’acter que je ne pouvais plus suivre cette interaction parce que la colère m’étouffait. L’étape suivante c’est la violence, verbale ou physique, alors je m’éloignais. Toutes les fois où je n’ai pas pu faire ça, j’ai été violente avec les gens à côté. Tant qu’il y a quelqu’un, je contiens l’émotion, pour tenter de maintenir l’interaction. Mais en faisant ça je produis un effet cocotte minute, qu’Art-Mella explique très bien dans son livre. Ça explose, et en général, à la tronche de quelqu’un qui n’a rien demandé. Je me méfie maintenant.

Je m’éloigne un peu parce que c’est très désagréable d’être vraiment en colère (ça empêche de réfléchir), mais surtout parce que je ne veux pas taper mes camarades. Ou les insulter. Je ne veux surtout pas faire du mal « par accident ». Toutes les fois où c’est arrivé je m’en suis mortellement voulue ensuite. Si je ne m’en vais pas maintenant, c’est ça qui va se produire. C’est la soupape ultime. Je n’ai aucun autre mécanisme de protection.

Je sais que c’est violent quand je fais ça en plénière en AG. Mais ça veut seulement dire : je suis incapable de suivre le débat. Ça veut simplement dire qu’il y a trop d’émotions (en moi, et dans la salle). Ça peut à la rigueur vouloir dire que je ne suis pas d’accord, mais comme je suis incapable de formuler mon désaccord en mots, ce n’est même pas la peine de venir me demander, en fait. Je m’éloigne pour retomber en régime et pouvoir réfléchir. Ensuite je pourrai dire ce qui n’allait pas. Mais après, pas à chaud.

C’est pour ça que c’est extrêmement violent pour moi, quand on vient pour me parler politique (surtout en faisant mine de ne pas s’inquiéter alors que très visiblement je ne vais pas bien) quand je me suis éloignée. Non seulement on m’impose une discussion que je ne suis pas en état d’avoir, mais en plus c’est me traiter de manière assez instrumentale, en fait, comme si ce que je ressentais était une portion congrue, et ça, quand je suis submergée par ma merde, c’est super violent. Pardon mais : ça compte. Deal with it.

C’est bien mon incapacité à suivre du point de vue émotionnel (ça déborde, quoi), qui produit ça et non le contenu des débats. Certains débats ont un contenu plus clivant que d’autres, forcément. Plus c’est clivant plus les chances d’avoir de l’électricité dans l’air sont fortes. Mais c’est bien une question d’émotions.

En carton

Revenons à notre plénière où je pars en contenant mal une envie de pleurer. Partir souffler à ce moment-là du débat parce que trop de bordel émotionnel, quand ton rôle c’est de suivre le débat pour présider, ça ne te laisse pas une sensation d’accomplissement de ton devoir très forte. Tu te sens un peu nulle.

Je crois que ce sentiment un peu nul d’être une sorte de drama queen ridicule a provoqué un effet d’emballement qui a rajouté, dans ma tête du négatif à un endroit où il n’avait pas lieu d’être dans mon vécu de l’AG (ça n’a pas aidé à alléger le sac d’émotions pas cool) :
– une plénière tendue
– sortir
– souffler, mais se sentir nulle d’être sortie
– une autre plénière tendue
– re-sortir
– et hop, on recommence

Plus les plénières passaient, plus je me disais : mais je ne vais jamais réussir à re-présider l’année prochaine, je suis juste incapable de suivre les débats. Ne parlons même pas de trancher ou de faire avancer la discussion, juste suivre le débat. Le sentiment d’être en carton est to-tal.

C’est extrêmement frustrant pour moi pour deux raisons. La première, c’est que je n’aime pas être vulnérable en public comme ça. C’est très désagréable. Je ne me sens pas très forte, quand je fais ça, je trouve que ça donne une très mauvaise impression. J’avais envie de faire comme d’habitude, c’est à dire d’avoir le courage un peu contagieux. C’est ça, mon état normal. Pas cet espèce de boule de nerfs recroquevillée sur elle même et inquiète inquiète inquiète. S’il y a une chose que j’attends de moi-même en tant que présidente, c’est de mouvoir les gens. De motiver, mobiliser. En donnant cet effet d’entraînement, là. C’était pas tellement cette face-là que je donnais et je m’en voulais beaucoup.

Dans mes victoires très claires de l’année, par exemple, il y a l’élection de Blackmoor à la présidence de FDN. C’est même peut-être la plus belle. Parce qu’on m’a demandé mon avis et que j’ai très évidemment été un exemple. J’avais ouvert cette sorte de possibilité, en étant là, ce que j’avais écrit sur mes doutes, mes réflexions, lui servait pour avancer. Je suis super fière, et très reconnaissante d’ouvrir cette brèche-là.

C’est assez difficile de prendre pour exemple quelqu’un qui part se terrer pour cacher son trop-plein d’émotions.

En même temps, tu me diras, oui, je ne suis pas un super-héros. Mais je considère que mes bouffées d’émotions, c’est ma responsabilité, ma vision de la réalité. C’est pas les gens qui « m’ont tendue » (pour reprendre une expression qui m’a particulièrement agacée). Les émotions ça ne marche pas comme ça. Tu ne peux pas rejeter sur les autres la faute. C’est toi qui ressens telle colère en entendant ça. Ta colère ne vient pas de l’extérieur vers toi comme si toi tu ne faisais que subir un stimuli. Quand je faisais éponge en plénière, c’est la somme de la tension de la salle plus de mes propres émotions qui a débordé. Mais ce n’est pas la faute de la salle. C’est bien moi qui ressens ça comme ça et c’est à moi d’assumer, d’accompagner l’émotion si possible en emmerdant le moins de gens possible.

La deuxième raison, c’est simplement que ça m’a pourri l’AG. Ça m’a empêché d’apprécier la chaleur humaine, le plaisir d’être avec des gens que je vois peu et que j’apprécie vraiment (vous vous reconnaîtrez), la qualité du cadre (ce lieu les enfants ce lieuuuuu). J’aurais aimé être moins sur le qui-vive émotionnel et beaucoup plus prendre le temps, de dire, à chacun, combien j’étais fière de ce qu’on faisait, de la manière dont les fédérés amènent des solutions là où il n’y en a pas, de la manière dont ils font réseau humain là où le reste des télécoms brasse des dividendes. À la place, j’ai passé une partie non nulle de cette AG à me surveiller, à serrer les dents, à chercher à formuler le sentiment sourd que j’avais, qui n’allait pas, et qui n’était pas le stress habituel.

La dernière plénière

Parce que c’est extrêmement relou, d’être dans ce cadre idyllique, avec ces gens chouettes, de la bière brassée localement par des nanas qui font pousser leur houblon (on avait le meilleur fournisseur de bière ever), de voir l’animation se dérouler bien, d’avoir le temps de te reposer et : de te trouver pas bien, un brin fâchée.

Ce qui m’a permis de mettre le doigt sur ce qui n’allait pas, c’est le tout dernier temps de plénière. Il a été entrecoupé d’une pause –il fallait caler un dernier temps en petits groupes et de toutes façons, le climat diplomatique était très tendu, on n’avait pas encore de bureau, son mode d’élection n’était pas clair, plusieurs d’entre nous étaient…déroutés.

Au point de ne pas avoir envie de se représenter.

Grosse ambiance.

Dans ma tête, j’avais reculé devant me représenter à peu près tous les jours. J’étais arrivée en me disant que j’avais pas les épaules pour le poste, mes échecs à assister aux plénières me confortaient assez dans cette idée. Je me représentais, hein, mais en me demandant un peu tous les soirs s’il ne fallait pas arrêter là et retourner dans ma grotte faire juste de la régulation.

Un peu comme quand tu recules devant quelque chose de dangereux, jusqu’à rencontrer un mur. Acculé. Hé ben là, je touchais le mur et je me disais : NON J’Y ARRIVERAI JUSTE PAS.

Je me sentais un peu la mauvaise personne, au mauvais moment, au mauvais endroit, tendance éléphant dans un magasin de porcelaine.

En fait, j’avais peur.

La peur de ne pas être à la hauteur, qu’on ne puisse pas compter sur moi : j’ai toujours peur, viscéralement, de ne pas être à la hauteur. Même après avoir passé l’année à lutter et à comprendre que j’étais légitime (!!). J’ai très envie de faire, bien, ce qu’on me demande, et je crains toujours de ne pas avoir ma place. Là, je me sentais particulièrement pas à la hauteur.

La peur qu’on emmène la Fédé dans la mauvaise direction. Qu’on se gourre. Qu’on fasse un truc pas réparable. Il y a des visions de la fédé avec lesquelles je suis assez diamétralement opposée, et contre lesquelles je n’avais pas spécialement d’armes (j’ai très peu parlé aux plénières et je n’assistais jamais à tout). J’avais la désagréable impression de battre en retraite.

J’avais peur, aussi, qu’on abîme des gens avec toutes ces tensions. Je m’inquiétais pour plusieurs personnes. Pour le risque que ce bordel gangrène. Vu comme on est débutant pour prendre soin, on n’avait pas intérêt à retomber malade…

J’avais un peu honte de mon drama, il faut avouer. J’avais bien envie de me ranger quelque part pour gérer ma merde toute seule et revenir quand ça irait mieux (sauf que ce n’était pas possible, hmm).

La moitié de ces peurs ne sont pas rationnelles. Elles sont indexées sur les exigences terribles que j’ai envers moi-même, sur une peur viscérale d’être finalement vraiment complètement seule (cette année n’a pas aidé) –alors même que les fédérés passaient leur temps à me prouver quand même le contraire (merci merci, d’ailleurs).

Pendant qu’on s’était éloignés pour discuter et que je bataillais pour formuler ça, que j’avais bêtement, simplement, peur, la situation diplomatique est revenue à la normale. Je n’ai pas pu revenir en plénière –on m’a confiée à Lux qui m’a donné le plus gros carré de chocolat que j’ai jamais vu pour me remonter le moral– mais le bureau a été voté et j’ai été réélue tacitement.

Alors en écrivant ça, j’ai moins peur. J’ai compris là où c’était irrationnel. J’ai compris que je pouvais dépasser ça, un peu comme on dépasse la peur de quitter la primaire pour le collège. Tu sais que le cap est passé, t’as pas du tout envie d’aller dans la cour des grands mais t’as pas exactement le choix. Je veux bien prendre mon sac à dos, respirer très fort, et recommencer. Puis ai-je le choix, maintenant ? Allez !

Là où ça coince, c’est que le socle de tout ça, à la réflexion, c’est probablement un hématome laissé dans un coin. Un bleu. Ça fait pas mal tout le temps, un bleu. Tu peux même l’oublier. Mais si on appuie dessus…

Bêtement, c’est une AG, dans un château. Comme il y a deux ans. Dans des circonstances mille fois meilleures mais c’est une AG, dans un château, comme il y a deux ans. Ça a du appuyer sur le bleu.

Ça, ça doit expliquer plus de la moitié de l’appréhension sourde à chaque prise de parole, même pour présenter le bilan moral. Ça doit expliquer cette espèce d’angoisse sourde qui faisait son petit travail de sabotage dans mon cerveau et m’empêchait d’apprécier. Pas une peur panique, une espèce d’intense inquiétude.

Putain, j’ai probablement pas guéri.

Un commentaire

  1. Merci d’expliquer tout ca. Ca montre bien à quel point chacun d’entre nous gère ses émotions differemment. Merci.

    Et je suis plus avec vous, mais tu fais un job formidable !

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