La belle saison. La très belle saison

J’ai vu La belle saison. C’est un film de Catherine Corsini. Avec Izïa Higelin, et Cécile de France. Posons une prémisse absolue : Cécile de France est incroyablement belle. Elle est rayonnante. Elle inonde tout l’écran avec son grand sourire, son port de reine et ses cheveux tout blonds. Ah (je suis accessoirement tombée pour la douzième fois amoureuse dans ce film, ne vous inquiétez pas).

Ceci posé, parlons du film. A part Cécile de France, il faut noter la grande justesse de ce film. L’histoire ? Delphine vit dans une ferme, dans le Limousin. Elle part à Paris y travailler. Elle y rencontre Cécile, euh non, Carole. Et paf. Je ne vous raconte pas tout, mais déjà vous savez que ce film parle d’un grand amour, un amour qui naît en plein mois d’août, à la période des moissons. Et qui chamboule tout. Et il nous raconte ça sans nous emmener dans du grand sentiment, sans se transformer en conte de fée moderne, non. Il n’est pas mièvre. Il raconte juste comment un grand amour peut naître entre deux femmes, et les changer, à vie.

Cette justesse dans l’histoire se retrouve dans la photographie. C’est un film incroyablement respectueux. Les corps qui s’aiment ne sont pas exhibés, les cris ne sont pas surjoués (suivez mon regard). La caméra ne sait pas où se mettre, face à la gêne des actrices. Elle respecte l’intimité d’un rapport entre deux femmes. La couverture jetée sur les corps nous suggère ce qu’il se passe et qu’on comprend fort bien. Ah et c’est vrai. On se reconnaît dans ces gestes familiers, ces mains complices, ces corps emmêlés. Ils sont beaux, d’ailleurs, dans leur vérité, nus. On n’est pas dans une sitcom. Les filles qu’on voit ne font pas toutes du 34 et n’ont pas des kilomètres de jambes hyper-musclées. Elles sont comme nous. Elles ont des hanches, elles ont un peu de bide. Et elles sont belles. Ces scènes-là nous parlent de nous, de nos corps, de notre façon d’aimer. Et c’est bon de voir se créer cet espace intime et complice à l’écran. On ne peut qu’être émue : c’est un cadeau.
Il n’y a pas d’objets dans ce film, il y a des gens qui s’aiment, et dont on respecte l’amour.

Ce film est l’occasion de rappeler, dans une fresque joyeuse et colorée, ce que voulait dire être une femme dans les années 70. Et, de surcroît, une femme qui aime les femmes. Le courage que cela représentait. Le danger dans chaque geste, dans chaque regard. Le fait que l’homosexualité était une maladie et que ça se traitait à l’hôpital. Aux électrochocs. Il faudra attendre 1992 pour que l’OMS se rende compte que nous n’étions pas une troupe de fous, mais des gens qui s’aiment. Il faudra également attendre encore longtemps pour que cela se fasse qu’une femme travaille et gagne son salaire. Pas qu’elle pioche dans celui de son mari. Le courage de ces deux femmes se mesure à l’aune d’une époque où la révolution de 68 est passée par là, mais où tout reste encore à faire.

C’est cette histoire-là, qui nous parle du courage d’être, qu’on nous demande par défaut parce que nous ne vivons pas dans les clous, et de la force de cet amour, qui éclate dans ce film. J’ai pleuré à la fin. Allez voir ce film.

Un commentaire

  1. Oui La belle saison superbement interprété et dirigé !! Cécile De France lumineuse c’est vrai et toujours magnifique !! Des scènes d’amour auquel on croit car mis en scène par une lesbienne !! Hourra !! Et non des pseudos scènes de cul mis bout à bout fait par un hétéro qui n’y connaît rien(La vie d’Adele).

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