J'ai vu La vie d'Adèle, je suis traumatisée.

Bon. J’ai vu La vie d’Adèle.
Quand il a été primé, en lisant les premières critiques, je me suis dit : « bon, elles doivent être super critiques parce que c’est la Palme, elles en demandent beaucoup à un film grand public… ». Je suis au regret de dire qu’en fait, les filles, vous aviez raison.

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Ce film n’a, pour commencer, pas grand chose à voir avec la BD dont c’est censé s’inspirer.
Il n’y a guère que le tout début du film et quelques éléments de l’histoire qui effectivement sont « tirés » de la BD à proprement parler.
On reconnaît assez bien les personnages, on repère des événements du film, mais le parti pris de Kéchiche, je crois, a plus été de s’inspirer de la BD que de la retranscrire à l’écran. Il a mis en valeur des détails complètement insignifiants de l’histoire (comme le sexe, notamment, qui est anectodique dans l’oeuvre de Julie, mais j’y reviendrai) et a tellement changé la focale que l’oeuvre pour moi en sort défiguré. Des éléments insignifiants sont traités en longueur alors que des événements clés sont simplement passés à la trappe. L’histoire d’Adèle (Clémentine dans la BD) en perd tout son intérêt.
D’ailleurs, la fin ne mène à rien. Ce film, privé de l’essentiel de son matériau de base, ne va nulle part.
C’est pas spécialement excusable quand on parle de mettre à l’écran une bande dessinée de 156 pages en…3h. Harry Potter, je veux bien qu’on saute d’énormes passages, mais si on avait été fidèle, le film durerait 5h. Là on a 3h de film avec beaucoup, beaucoup de choses qui n’apportent rien. Si c’est un parti-pris, c’est celui de gâcher l’histoire.

Je suis profondément choquée pour Julie Maroh, l’auteur, qui a couché sur papier un morceau de sa vie personnelle. Ce qu’elle raconte dans Le bleu est une couleur chaude est vécu. Il aurait été de bon ton de respecter au moins ça. Mettons que le livre ne l’a pas ému, mettons, je trouve ça aberrant mais mettons. Hé ben ça reste que ce serait pas mal que notre petite Julie sente pas sa propre histoire d’amour bafouée généreusement à l’écran, non ? Je n’aurais pas aimé être à sa place quand elle a découvert le film la première fois. « OK. Je lui livre un moment important de ma vie, et il en fait…ça. OK OK. Allons mourir quelque part ».
D’autant qu’on sait que Kechine est allé lui acheter les droits, puis s’est eclipsé, pour la citer à peine le soir de la palme. Sympa. Respectueux de bout en bout. Vazy remets en une couche je me sens pas assez bafouée là.

Choix esthétiques, hmm, particuliers

Une minute tout de même, ce film a eu la Palme d’Or. Je répète : La Palme d’Or. A Cannes. Hééé oui. Alors messieurs du Jury j’aimerais que vous m’expliquiez votre appréciation j’ai pas bien compris les raisons de votre choix.
Nous avons effectivement de jolies images : de jolis cadrages de paysages, de belles lumières, une caméra qui fait parfois des déplacements subjectifs intéressants pour nous permettre de suivre l’histoire. Je suis d’accord.
Les actrices sont quand même assez justes, ça c’est un fait.
Nous avons un parti-pris esthétique fort : Kechiche filme tout de manière à la fois très crue et très subjective, ce qui donne une force à l’image. Certes.
Il montre beaucoup de corps, il s’arrange pour qu’on aie de la chair plein l’écran, c’est une manière de filmer le sexe qui se défend, qui a son esthétique un peu brutale.
Le film utilise une esthétique particulière, ça lui donne une « patte », une originalité et certainement une force. Soit, ça c’est justifié.

Mais ces partis-pris desservent le film.

La caméra subjective, en général j’aime bien, c’est assez puissant, mais là, on s’approche tellement près des personnages, on les cadre tellement serrés, on s’attache à ne perdre aucun détail si bien que, personnellement, j’étais très mal à l’aise. C’est très voyeur. C’est peut-être un effet voulu par le réalisateur, mais on est en train de parler d’une histoire qui ne se prête pas du tout, mais alors pas du tout à ça. Très franchement, pendant l’une des nombreuses et insoutenables scènes de sexe, je me suis demandé si le monteur s’était masturbé devant, ou si Kéchiche faisait ça sur le plateau. C’est ça que ça dégage. Et ces plans inutiles et déplacés sur les fesses ou les seins nus d’Adèle ! Quand on a une caméra subjective, la caméra est un sujet qui *rentre* dans l’intimité des personnages de manière beaucoup plus violente que si l’on choisit un regard omniscient. Que la caméra omnisciente soit là quand les héros font l’amour, on s’en fout elle sait déjà tout. Pas ici. Ici un voyeur est dans la chambre des filles et les regarde, et c’est malsain.
Donc je rappelle le contexte : on parle d’un grand amour entre deux filles. Ces filles s’aiment donc font l’amour. Et là la présence d’un homme en train de se faire du bien à les regarder, l’air de rien, par ce jeu de caméras. Parfait. Méga romantique. Tout à fait dans le ton de l’histoire, n’est-il pas.

Bah puisqu’on parle sexe…

Parlons-en. Donc je disais : ces scènes sont tournées comme du porno. Du porno hétéro, la précision est importante. Du porno tourné par un homme, pour des hommes. C’est pas excitant, c’est très violent. C’est insoutenable. J’ai failli quitter la salle à la première scène de sexe (je préfère vous prévenir, on en a à peu près 3, dont une de au moins vingt longues minutes, et deux autres de quinze !). [edit: on me dit dans l’oreillette que la plus longue scène dure huit minutes. Erratum donc, j’ai donné une durée vécue :p]

Je suis désolée de vous décevoir, mais non, on ne se met pas dans cette position-là, non ceci n’est pas excitant dans la vrai vie, non, un rien ne fait pas jour non plus, non, les gémissements couinifs c’est dans les pornos qu’il y en a…on est pas passés loin du ciseau (tu sais LA position du porno pour hétéro où dans la vraie vie tu chopes une crampe au bout de trente secondes tellement c’est pas possible). Je rappelle, hein : on parlait d’un couple qui s’aimait. Tu sais dans les autres films, la scène de sexe entre le héros et l’héroine, c’est filmé de manière à suggérer, à rappeler que ces gens ne se désirent pas de manière juste crue et sans prétexte (ça, c’est de la prostitution ou un fuck friend) : ils sont amoureux. Et, détail important, il y a de la musique, ce qui évite au spectateur de se taper vingt minutes de bruits de succion et de gémissements couinifs, déjà que c’était du mauvais porno, en plus c’est insoutenable même si tu refuses de regarder.
Donc nous avons affaire à du sexe lesbien très largement fantasmé, imaginaire, dénué totalement de tendresse. J’ai envie de dire, raté.

J’aimerais attirer l’attention du lecteur sur le fait que quand t’as mis à peu près, allez 4/5 ans à faire accepter ta sexualité à tes parents, un film pareil où tu sais que ta mère va fatalement t’imaginer en train de faire ça, c’est un plan à repasser au stade de sale gouinasse-qui-lèche-des-chattes. Cool. Et puis si j’avais été en questionnement hier soir au cinéma, je pense que cette heure à peu près de mauvais sexe lesbien m’aurait évité la peine de faire un douloureux coming-out.
Et Palme d’Or (sic !) pour la scène du Grand Léchage de Doigts au Café. Car oui, chacun le sait, lécher les doigts de son ex dans un bar va l’exciter tout de suite, oui oui ma bonne dame. Une authentique scène de porn (oui on ne voit ça que là) complètement ridicule au passage. Affligeant.

Et puis, cette idée que Adèle et Emma ne peuvent pas faire trois pas sans passer une journée entière au lit à se tripoter dans tous les sens, certainement nourrie par le mythe que la lesbienne est un pervers polymorphe (tu sais t’es lesbienne tu coucherais avec n’importe quelle fille dans la rue, même ta meilleure amie, t’as envie de sexe tout le temps CELA VA DE SOI)…je crois que ça se passe de commentaires.
Dans la BD, elles font peut-être l’amour sur quelques cases. C’est pas crucial pour l’histoire, mais pour Kechiche, oui, ça donne 50 minutes de torture.

Oh, j’oubliais. Kéchiche filme donc la première fois d’Adèle avec un garçon, puis une fille. Vraiment, ça aurait été sympa, en 2013, de faire porter une capote au mec pour les 2 secondes et demies où on voyait sa bite, hein. Ça faisait pas une grosse entorse à ton esthétique, et c’était une manière discrète de faire passer un message simple à une époque où le Sida court toujours. Quant à la première fois avec une fille, je trouve Adèle fort bien exercée et fort bien entreprenante pour une première fois où t’as plutôt tendance à pas trop savoir quoi faire avec ton corps. C’est peut-être un peu surjoué, non ? C’est peut-être un tantinet complètement pas réaliste, et pas du tout à propos, non ?

Interlude positif

Bon, à part ça: il y a quand même de bons éléments : montrer l’homophobie au lycée est une bonne chose (et pour le coup cette violence dans la manière de filmer, je la trouve nécessaire), l’attitude des parents est également bonne à montrer (les parents ouverts et le couple qui ne juge que par le mariage, c’est un peu cliché, mais ils sont là au moins), le parallèle avec le livre La vie de Marianne de Marivaux était malin, le questionnement au début est pas trop mal traité…

Wait. Pourquoi tout ce cinéma sur les huitres ?

Ces bons éléments ne rattrappent pas ce film, qui n’est pas un film contre l’homophobie (ce qui est en sous-texte chez Julie Maroh), ce n’est pas vraiment un film sur l’amour non plus, mais plutôt un film sur des filles qui se roulent des patins dans des parcs et font l’amour pendant deux heures dès que l’occasion se présente (je suis désolée, c’est tellement choquant qu’on ne retient que ça).

« Roh, c’est normal que t’aies pas aimé »

(Sous-entendu, toi, la gouine militante et féministe, t’es jamais contente de toute façon.)
Venin craché sur la qualité du porn made by Kechiche (je rappelle, j’ai failli quitter la salle, alors que rester pour regarder l’intégralité de Too Much Pussy à Chéries Chéris a été un plaisir…), je vais me permettre de répondre à cette remarque.

Non. C’est pas normal. Kechiche avait pour matière première une histoire qui nous a toutes émues. S’il avait au moins respecté l’histoire de Julie, on lui aurait peut-être passé son incompétence à se renseigner sur le sexe lesbien avant de tyranniser deux actrices à tourner des scènes de sexe affreux pendant des heures et des heures. Ce film avait un vrai potentiel pour rassembler tout le monde autour d’un très beau témoignage d’amour (je ne l’ai pas beaucoup vu, l’amour). Là, il se pose dans le débat en étant faux du début à la fin. Même en mettant de côté tous mes élans militants qui me rendraient injustement critique, ce n’est pas normal que les personnes représentées dans le film soient unanimes (ou pas loin) pour monter au créneau. Surtout avec ce genre d’histoire comme base. On aurait dû avoir quelques lesbiennes qui niaisent quand même. Là, toutes les personnes LGBT à qui j’ai parlé, et qui ont vu ce film sont choquées. Il y a un truc qui ne va pas.

On n’est pas obligé de faire du cinéma oppressant envers une minorité à chaque fois qu’on en dépeint une. On n’est pas obligé de poser ce regard-là sur ces filles. On avait le droit d’être gentil, merde, pour une fois.
Là, c’est juste encore un putain de film qui traite le sujet de manière catastrophique alors même qu’il partait sur de bonnes bases…
Il n’a rien pour lui, en plus, ce film a été primé en pleine fronde de la Manif pour Tous. C’était grave le moment de nous en rajouter un couche sur la tronche.

C’est très bien de vouloir développer des manières de filmer et d’exprimer des choses, mais il me semble que le faire avec cette histoire-là précisément est pour le moins…kamikaze. Quand on a un sujet sensible dans les mains, on ne joue pas aux apprentis sorciers. Kechiche a eu la Palme parce qu’il a traité en apprenti sorcier un sujet sensible (et peu traité, malheureusement, ce qui le rendait original) dans une ambiance tendue. C’est limite, tout de même.

Non, c’est juste raté, je suis désolée. Il suffit de traiter de manière vaguement émouvante un sujet traitant d’une minorité pour qu’il soit primé, c’est ça la recette ? Il n’y a donc personne qui a été sollicité pour donner son point de vue de gay dans l’histoire ? Donc bafouer une population entière, qui a déjà du mal à expliquer qu’elle existe et qui elle est, ils ont trouvé ça très bien. Certainement parce que le Jury devait trouver ce sexe tout droit sorti de Youporn tout à fait réaliste, et qu’il n’a pas lu le livre.
Hé bien bravo Cannes. Bravo. Merci d’avoir foutu ce truc dans tous les cinémas de France.

15 commentaires

  1. Entièrement d’accord avec toi et je suppute que les gens pensent aussi ça pour moi « toi, la gouine militante et féministe, t’es jamais contente de toute façon ! » 😀
    Bref, « je valide » tout 🙂

  2. je chipote je sais mais le « Alors messieurs du Jury  » me choque un tantinet : 9 membres dont Vidya Balan (Inde, actrice), Naomi Kawase (japon, réalisatrice), Nicole Kidman (Australienne, actrice productrice) et Lynne Ramsay (Royaume-Unis, réalisatrice, scénariste) …..

  3. Face aux critiques sur Yagg, j’ai l’impression que certaines personnes attendaient de ce film une représentation idéale de l’homosexualité féminine. Du coup, au lieu de le critiquer en tant que oeuvre d’art, vous le critiquez sur le mode : « ce n’est pas l’image de l’amour, de la sexualité que nous voulons donner ».
    Cela n’est que mon impression.

  4. @koupit Il me semble qu’on a critiqué aussi l’oeuvre de Kechiche : 3 heures de film dont la moitié pourrait être largement enlevée, des gros plans qui n’en finissent plus pour voir une fille manger ou chouiner (avec morve en bonus)…
    Il n’y a pas que du négatif dans les 3h de film : l’histoire d’amour reste universel et elle est bien filmée, bien amenée. Le trouble qu’Adèle ressenti en voyant Emma on l’a touTEs eu, le coup de foudre est joli, le choix d’Adèle Exarchopoulos est parfait (celui de Léa Seydoux nettement moins, à mon avis).
    Tout cela n’enlève pas les énormes lagunes et ignorances laissées par Kechiche.

  5. Globalement, je pense qu’il faut me lire comme : il y a plein de réussites, mais ce qui a été raté dans le film a tellement bien été raté que le reste est occulté. Je pense que j’aurai bien plus aimé le film avec au moins une scène de cul en moins (et la vraie fin de la BD, BORDAYL :p). Là j’ai retenu que le négatif parce que ça m’a clairement gâché ma séance.

  6. Je suis pas trop d’accord avec @cat, déjà parce que tout le monde est capable de faire « de la merde » une fois de temps en temps, surtout en matière artistique, donc leur jugement est faillible. Et ensuite l’argument d’autorité qui consiste à dire « moi réalisateur, je décide que ceci est esthétiquement viable, et toi membre de la classe moyenne, tu l’as ferme et tu m’écoutes » n’a aucun sens, un sens esthétique ne vaut pas mieux qu’un autre, et surtout internet est un lieu de libre expression, donc moi je dis que quand on trouve un film nul, palmé ou pas, on doit le dire, on à des droits, profitons-en

  7. excuse moi @AsDePique je ne comprends pas en quoi tu peux être d’accord ou non avec mon commentaire : je présente juste UN fait le jury du festival de Cannes était composé de 5 hommes et de 4 femmes ! C’est un fait non ? je n’ai pas donné de point de vue que je sache ici du moins

  8. @ TornBlueJeans
    Je me permets d’intervenir sur cet article car j’ai pour ma part énormément aimé ce film. Je suis d’ailleurs un peu surprise qu’il fasse l’objet de critiques aussi révoltées sur Yagg. J’ai fait moi aussi partie du milieu « militant » LGBT. Pourtant, à aucun moment je ne me suis dit que ce film nous « devait » quelque chose, que c’était le rôle d’un film traitant du sujet de « servir » la cause. Je pense qu’il faut prendre du recul. Dans les films hététos, il y a des gentils, des méchants, des gros dégueulasses, des gens banals et des serial killers. De ce fait, pourquoi un film où les protagonistes sont homosexuels devrait être pur, sensible et convenu ? Nous sommes comme les autres, alors nos films aussi ! Si je devais parler en militante, je dirais : l’important, c’est que notre visibilité soit là, jusqu’à ce qu’on se fonde (enfin !!!) dans la foule.
    Pour parler plus précisément du film : On voit la réalité, triste, crue, mais aussi passionnée. Les actrices sont incroyables. J’ai été prise aux tripes. Q’importe la scène de sexe, et honnêtement, elle n’est pas si terrible. Je pense que le fait d’être dans une salle de ciné ajoute un malaise. Mais j’ai été contente qu’enfin la scène de sexe ne soit pas « on se touche à peine et on se fait un bisou ». De même, j’ai adoré la bd, mais là c’est une libre adaptation. Si c’est pour faire pareil, pas la peine d’en faire un film.
    Voilà, j’ai été un peu bavarde, mais je tenais à prendre la défense d’un des meilleurs (le meilleur ?) film que j’ai vu.

  9. Je ne comprends pas
    Je ne comprends pas la plupart des critiques que je lis. Pourquoi n y aurait il qu un mode de vie lesbien? Pourquoi n y aurait il qu une façon crédible de faire l amour? Pourquoi rechercher une vérité dans une œuvre de fiction??? Je ne suis pas un fantasme lesbien hétéro normé et la plupart des émotions du film m ont parlé. Le sexe y compris. A force de lire toutes ces critiques délétères j en bien a penser que je suis une  » gouine detraquee »….
    Je ne comprends pas

  10. Même ressenti en ayant vu ce film. Je me faisais une joie de le voir avec ma compagne, en me disant qu’enfin on allait montrer une belle histoire d’amour entre deux femmes.
    Quelle déception!!!! Ce sexe bestial, porno hétéro nous a choquées. Aucune scène de tendresse dans les échanges amoureux, des gros plans et des cris mal venus, bref, nous sommes très déçues et écoeurées par ce film.
    Dire qu’on a failli aller le voir avec la fille de ma compagne (17 ans). Quelle gêne nous aurions eu. Quand nous lui avons parlé des scènes de sexe, elle nous a dit qu’elle n’irait pas le voir.
    Nous aussi nous avons eu l’envie de quitter la salle, surtout en entendant les gloussements de personnes à chaque scène de sexe.

  11. TornBlueJean, je reviens juste sur le fait que le film n’est pas la BD… mais c’est normal ! Kechiche est un artiste, un artisan tout comme Julie Maroh, avec une sensibilité qui n’est pas la même… sa lecture de la BD a ouvert les portes de sa création qui n’est pas celle de Julie Maroh. Il en a acheté les droits parce que c’est comme ça que cela fonctionne si on part de qq chose existant ! Il s’est approprié l’histoire et en a fait le vecteur de ce qu’il voulait raconter : la naissance à l’amour d’une ado par un coup de foudre irrépressible, sa construction en fonction de cet amour voire en dépit de cet amour (milieux sociaux différents, constructions mentales différentes) et la rupture presque inéluctable en raison de ces différences… Il me semble qu’Adèle n’est pas lesbienne (dans le sens que sa vie n’est pas construite autour des femmes) mais tombe en amour pour UNE femme, elle l’aimera jusqu’à la fin des temps, de son temps !
    Kechiche est clair dans sa démarche : le film n’a pas le même nom que la BD et l’héroïne s’appelle Adèle et non Clémentine !
    Il envisage même de développer Adèle dans le futur (il en ferait son Doisnel/Truffaut ou Xavier/Klapish…)…
    Rien à voir avec Harry Potter dont les films sont contractuellement le pendant des livres de JK Rowling…

  12. Tout à fait, gros plan de visages et silences inutiles et déplacés, dialogues vide et sans intérêts parfois, scènes de culs pornos mis bout à bout pour publics hétéros mâles qui n’a rien à voir avec des scènes d’amour lesbiennes. Et pour finir, elle finit avec un mec, ben voyons !!

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