Un plan, ça te dirait ? Anatomie d'un ras-le-bol

Et voilà. J’adore les garçons avec lesquels je traîne. Vraiment. Mais sauf votre respect, les enfants, il faut que je vous explique un truc.

Allez, on va passer quelques heures dans la peau d’une goudou : prenez une sortie en boîte, par exemple (en boite hétéro, hein, au Tango y’a moins de chance que ça arrive ;)). Un jeune homme va vous aborder, vous draguer un peu. Vous expliquez gentiment que vous n’êtes pas intéressée, étant lesbienne. Monsieur va vous proposer que vous vous joigniez à lui et sa copine. Vous déclinez une seconde fois. Bon.

Puis au détour d’une discussion sur IRC, vous vous faites draguouiller (oui, ça arrive :3), vous finissez par expliquer encore une fois que vous êtes lesbienne (donc pas intéressée), et ça manque pas : « Hé, un plan à 3, ça te dirait pas ? ». BON.

Et puis en fait, à chaque fois que vous croisez un garçon qui va vous draguer avec plus ou moins de tact, ce sera la même chanson.

C’est flatteur de se faire draguer, même si on n’est pas intéressé, ça fait toujours plaisir. Et puis c’est inévitable, c’est la vie. Là où ça coince c’est cette espèce de rapport systématique entre lesbienne et plan à trois.

Bien sûr qu’au début, on trouve ça juste un peu lourd et qu’on passe au dessus. Mais quand on passe deux ans à essuyer la même chose…

On trouve ça juste insupportable.

Il y a deux choses dans le fait qu’on en aie ras-le-bol :
1. Il est très rare de trouver un mec qui ne va pas à un moment vous sortir la question, c’est assez répandu (les filles, les témoignages sont ouverts !). Il existe fort heureusement des garçons (j’en connais :3) qui ont du vrai tact et ne le font pas, mais ils sont rares…
2. Quand on regarde, la proposition nous renvoie une image de ce que vous pensez très négative. Et évidemment, plus on la rencontre, plus on a tendance à penser que vous êtes tous à la masse.

Bon, une lesbienne, elle entend quoi quand vous lui proposez ça ?
– Je n’ai pas compris la base de tout ce que tu viens de me raconter qui est : lesbienne = couche avec des filles uniquement. Et donc pas des garçons, huhu.
– Tu as forcément besoin d’un kiki, comment tu peux t’en sortir sans ? (Très bien, merci)
– Son corrollaire : le sexe entre lesbiennes n’est pas forcément du sexe, sauf pour les préliminaires….(PARDON ?!)
– Lesbiennes = Anna et Matilda, qui s’émoustillent en attendant Strogoff et son gros engin – qui regarde pendant ce temps-là. (Je ne suis pas un sex-toy, merci de le noter)
– Lesbienne = 2 filles au service du plaisir de Monsieur (Oui, si tu demandes à Monsieur si il envisagerait la même chose avec un mec et toi, il dit non, en général. C’est dingue, c’est un plan à 3 aussi, non ?)

Alors peut-être, messieurs, que vous ne pensez pas tout ça, et tant mieux. Mais comprenez une chose : on peut passer au dessus de ça en se disant : « C’qu’un gros relou, d’façon ».
Au bout du 50e on arrête de sortir dans des lieux hétéros, pour s’éviter cette peine. Au bout du 100e on a vraiment des envies de baffes et on se demande si vos têtes à vous, les garçons, sont occupées par des concepts étranges.

C’est triste. J’adore la compagnie des garçons, et ça gâche un moment sympa parce qu’on a envie de frapper celui qu’a sorti ça, même s’il pensait pas forcément à mal.
Oui, parce que ça se cumule. Plus on a essuyé ce truc, plus le prochain a des chances de profiter de moins de patience.

C’est juste une histoire de tact et de bon sens. Les lesbiennes (et les bi à fortiori), on passe notre temps déjà à expliquer que notre sexualité n’est pas une sous-sexualité. On a plein de mini-homophobie ordinaire dans la tronche toute la journée (Stephanie Arc explique ça très bien). C’est un truc de plus qui vient se rajouter au quintal de bêtises qu’on entend tous les jours.
Et à 23h, quand on parle à des copains, on s’attend juste à ne pas devoir se justifier. C’est aussi con que ça.

8 commentaires

  1. C’est totalement ça…
    J’en ai rencontré un à la Gay Pride, comme ça. Il cherchait un couple de lesbiennes qui auraient « besoin de quelqu’un pour aller jusqu’au bout dans leur rapport sexuel ». Au bout de quoi ? Il se sentait super fier d’être une sorte de finalité dans la sexualité de deux femmes, comme s’il était une sorte de héros.

  2. Ca me fait penser à un de mes derniers articles en date.
    « Si tu couches avec une fille, tu me la présentes ? » –> euuuuuuuh, comment te dire ?

    Evidemment je suis tout à fait d’accord avec toi mais est-ce utile de le préciser ? 🙂

  3. Et si tu dis que tu as déjà qqun (sans préciser le sexe, sinon tu auras -forcément- la proposition du plan) ? Il ne va pas te laisser tranquille ? 🙂

    Mais je comprends tout a fait. C’est pareil chez les gays quand on se fait draguer par un mec : mais je suis gay. Ah cool, ça te dirait un plan à trois avec mon copain ? Pffff, relou XD.

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