K's Choice : retour à Echo Mountain

Encore un concert de K’s Choice, et donc, encore une critique. Je ne m’en lasse pas. Si vous avez lu mes autres critiques du même groupe, vous savez déjà que je suis une groupie. Si c’est pas le cas, vous êtes prévenus, cet article est objectif….oh wait.

Echo Mountain

L’acoustique leur va si bien.
On te croit pas quand tu dis que tu vas voir K’s Choice en acoustique et que tu augures un excellent concert, malgré les places assises numérotées, la scénique très dépouillée, la formation resserrée du groupe (uniquement Gert, Sarah, et leur pianiste) l’absence de gros-son-poilu-qui-pique. Pas assez de sensations, qu’y disent. Petites natures. L’acoustique provoque de très belles sensations, aussi. Je m’en vais vous le prouver.

Il faut reconnaître quelque chose à ce groupe, c’est que l’acoustique leur va bien. C’est un groupe de rock, qui peut tenir une scène et un public qui bougent, mais qui rentre très bien dans les doux chaussons de la configuration 3 caisses pour s’assoir / quelques lumières / deux guitares et un piano. C’est un groupe qui a assez de présence scénique pour se passer des fioritures.

Mettre l’essentiel en valeur
La voix de Sarah, je trouve, était très bien mise en valeur ce soir. Etait-ce dû à ma proximité avec le poste de l’ingé son, qui faisait que je disposais d’un bon retour ? En tout cas, j’ai trouvé que la chanteuse des K’s Choice avait une voix plus travaillée. C’était différent de son interprétation en solo, sur Shine, où sa voix est un peu plus râpeuse. Hier soir, elle était claire et douce, beaucoup plus présente. J’aime beaucoup le côté crooner qu’on a dans certaines chansons en solo, mais cette énergie-là rend vraiment bien. Surtout quand la sono est au rendez-vous, que les effets (delay, écho…) sont utilisés avec parcimonie et judicieusement.

L’instrumentalisation très dépouillée mettait bien les voix en valeur. Du coup, j’ai (re)découvert Gert. Comme il a interprété des chansons tirées de son projet solo, on a eu droit à sa voix et à son émotion propre, de manière plus privilégié qu’en seconde voix répondant à sa sœur. Je ne savais pas qu’il avait une voix aussi douce. Je ne savais pas qu’il avait cette puissance d’émotion. En fait si. Waw.

Ce qui était assez impressionnant avec ce concert, c’est que la scénique était très dépouillée (juste trois caisses pour s’assoir, et le fond avec la montagne, le visuel de la couverture d’Echo Mountain), et le jeu de scène réduit à son minimum (des jeux de regard, des mimiques), aucun grand « show » particulier. Mais le public osait à peine taper dans les mains pour pouvoir écouter. Ils tenaient la scène.
Il faut dire que cette scénique dépouillée était intéressante, puisqu’elle laissait la place à la voix, à l’émotion, au charisme des musiciens surtout. Juste les effets de lumière qu’il faut, qui donnent l’ambiance. Ils évoquent tantôt le lever du soleil, l’ambiance boisée de la montagne, le froid des pôles…notre imagination se met tout de suite en marche. C’est juste évocateur ce qu’il faut en mettant la musique en valeur.

« Vous avez un enthousiasme très unique »
On savait que Sarah aimait beaucoup le public parisien. Le public parisien le lui a bien rendu ce soir. Il y a déjà le fait que l’attention était telle qu’on tapait très peu dans nos mains pour ne pas faire d’interférences, mais, au delà de ça, malgré les places assises dans la salle, l’ambiance était chaleureuse. Il faut avouer que l’enthousiasme de Sarah et Gert, leur joie de jouer ensemble, est communicatif. A voir la joie qu’ils ont de jouer ensemble, on ne peut qu’être transporté à notre tour : la chanson «If This Isn’t Right » s’est jouée dans l’euphorie générale. A la fin du concert, la salle était debout.

« Vous avez un enthousiasme très unique », remarque la chanteuse de K’s Choice. Qui a dit que l’acoustique, c’est tout pourri ? Le message passe. L’émotion est là. Les gens sont heureux et il n’y a pas besoin que tout le monde hurle pour que ça se voie. C’est dans l’air.

Sarah, heureuse de voir ce beau retour, nous confie « Sometimes I wonder if I should continue doing this with my life, but when I see what I saw tonight, I know that I’m on the right place, thank you » . Ce qui est beau avec la musique, c’est qu’on passe son temps à se dire merci : on est tellement heureux d’être là, qu’on a envie de dire merci. Et eux, ça leur fait tellement plaisir de voir que leur musique rend des gens heureux.
Instant bisounours.

Et avec ça, Sarah nous annonce des bonnes nouvelles : un nouvel album (Little Echoes, acoustique), un projet de BO de documentaire qui suit le parcours d’un explorateur belge qui fait un trajet inédit dans le grand Nord. On a même eu droit à la première chanson de la BO.

Une leçon de vie
Ce n’est pas la première fois que je le dirai, mais le travail de K’s Choice, c’est une leçon. La dernière fois que j’ai fait un concert de K’s Choice, j’étais dans le même état d’esprit.
Ce que Sarah Bettens fait passer, et très bien, c’est la valeur des choses. Sa manière d’interpréter les chansons, la joie précieuse qu’elle a nous font réaliser une chose : on parle d’amour pendant 2h, et c’est beau, et tu te rends compte d’à quel point ce truc est fragile, et surtout, diablement important. Et rare. On sort de ce concert en se disant que l’important dans la vie, c’est les moments de ce genre. Il y en a peu. C’est pour ça qu’il faut en prendre soin.

Bonus
Au total, un concert comme je les aime : juste la scénique qu’il faut, un beau son, et ce qu’il faut comme émotion pour sortir de la Cigale déboussolé. On se prend deux quintaux d’amour et de bonheur. Difficile de ne pas avoir envie de partager ça avec la terre entière.
Et on sort de la salle de concert, comme ça, et bonus : une séance de signature. Du coup, tu restes dans l’entrée, qui grouille de gens surexcités. Et puis ils arrivent, et signent joyeusement les couvertures d’album, les places de concert…
Leur simplicité est déconcertante. Ils font juste de la musique parce qu’ils aiment ça et sont juste heureux de le partager avec d’autres. C’est ça qui est fort, qui est précieux. C’est un vrai modèle.

Merci, la vie, quoi.

4 commentaires

  1. I love K’s choice! qu’ils reviennent faire un petit tour dans le sud (ce n’est pas gagné!).
    Et dans le genre acoustique, où l’on sort aussi vraiment déboussolé…il faut voir Kaki King!:):):)

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