Son épiderme, Kinsey, et moi.

Ce qui est rageant avec les chercheurs sérieux, c’est qu’ils ont raison.

J’ai fait le pari (dans l’avant dernier billet) de voir si j’étais capable d’aller jusqu’au bout. Je suis allée jusqu’au bout. Je suis surprise par la facilité de la chose. Par l’absence de douleur. J’écoutais mon corps raconter des histoires qu’il avait jamais encore dites. Je ne le savais pas – je ne me savais pas capable de ça.

Prenez ça comme une victoire, si vous voulez. Je ne sais pas. Je me suis réveillée ce matin en me disant que j’étais certainement quelqu’un de différent de la veille. Ce qui est à peu près sûr. J’ai certainement gagné un superbe score de 3 ou 4 sur l’échelle du camarade Kinsey. Mais c’est pas ça qui me pose le plus de problèmes. J’étais à peu près sûre que ça finirait comme ça.

En fait rien ne s’est passé comme prévu, sauf la fin. La fin, où je me suis terrée dans mon siège dans le train, prostrée dans un mélange savoureux de colère, tristesse et résignation. Le tout la gorge sèche.

Je peux même pas rejeter la faute sur lui et dire que je lui en veux, c’est pas vrai, j’ai plutôt envie de lui dire merci, parce qu’après tout ça s’est bien passé, je suis toujours vivante, pas de traumatisme majeur. Donc merci, quoi.

M’enfin, il faudra que les garçons m’expliquent comment ils font pour être aussi détachés de tout. Moi, là, je me voyais pas lâcher autant de lest, autant de confiance, sans lâcher le tout. Je n’ai pas cette force-là.

Et faudra aussi qu’on m’explique ce qui ne va pas pour qu’à chaque fois que je tente de m’attacher à un être humain, c’est trop compliqué/pas le bon moment/pas le bon milieu/pas la bonne orientation sexuelle (rayez la mention inutile). La vie m’a appris qu’on ne peut pas retenir les gens et j’essaye plus. Mais je comprends toujours pas pourquoi les gens se barrent.

J’ai un peu cette impression que la vie est un immense escalier duquel on te pousse au début, puis tu dégringoles. Et puis y’a des paliers entre deux dégringolades. Et t’es toujours le gus qu’est seul, là, en bas de l’escalier, avec des bleus partout.

Alors ouais, j’étais prévenue, je savais que ça se passerait comme ça, je savais bien où je mettais les pieds. Mais ça ne change rien. On est toujours surpris par la douleur. Je vais quand même me les traîner, les papillons dans le ventre, ces connards de papillons qui mangent le vide, au fond. Je vais me le coller, ce goût amer, super agréable au fond du palais, à me dire que bordel de merde, ça va me manquer ses conneries NSFW dans mon irc, et cet espèce de quart de sourire juste avant qu’il se réveille.

Et puis, pour le coup, mes potes gays, je peux même pas les appeler pour leur dire que je suis triste, ils vont me dire que j’avais qu’à pas mettre des hétéros dans mon lit.

C’est comme ça. Sois grande, tais-toi, assieds toi là dessus tu vas voir ça passera. J’ai quand même sacrément l’impression d’avoir échangé des certitudes contre une peine de coeur, je trouve ça un peu cher payé.

Alors oui, je vais faire comme d’habitude, je vais descendre à l’académie de Kung Fu taper deux heures dans un gros coussin de mousse, je vais boucler mon mémoire en deux jours et deux nuits et ça passera. M’enfin, la vie, bordel. Quand t’auras décidé que j’arrêterai de dégringoler le long de l’escalier, tu me préviendras, hein. J’aimerais bien avoir d’autres habitudes. J’aimerais bien qu’il y ait au moins un domaine dans ma vie où je ne suis pas continuellement en train de me battre.

Je voudrais juste que quelqu’un m’attende quelque part.

2 commentaires

  1. Je trouve ca triste de se faire du mal, un pari, plus que des à priori, des « conseils de bons _amis_ », tout étaient réunis pour un désordre sentimental calculé (en espérant le maitrisé?).
    Tu te poses les bonnes questions dans le fond, mais elles n’ont pas de réponses, ou alors les banalités « tu trouveras la bonne personne un jour » qui me semble la plus simpliste certes mais la plus valide en fait.
    Qu’est ce que je donnerai pour avoir une peine de cœur moi.. une dernière !
    Et oui quelqu’un t’attends quelque part… il/elle attend, attend, attend, …
    Retrouve ton sourire, ta joie de vivre, ta vivacité, les choses pour lesquelles les gens t’apprécies.
    Apprécie ce que tu vies, que cela soit bon ou mauvais, c’est ton vécu, pas celui de tes potes, ca n’appartient qu’à toi, c’est précieux !
    Et non ca ne se résume pas <>, vision basique et primaire, tu vaux mieux que cela en amitié, beaucoup mieux.

    Bises & Amitié d’un « garçon »

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