Comment j’aurai appris à regarder les garçons

J’avais promis d’écrire sur eux -les garçons- pour leur faire justice, vis à vis des filles sur lesquelles j’ai écrit pendant des années. Si ça vous amuse, il y a sur la Toile des anciens blogs remplis de billets bourrés de poésie et d’admiration. J’ai passé mon questionnement à dire que j’aimais les femmes. J’ai mis 4 ans pour y croire, quand même.

J’ai d’abord appris l’amour des femmes. Des garçons, je ne savais rien, sinon qu’il fallait s’en méfier un peu, et que mes amies les trouvaient beaux. Et puis j’ai trébuché sur un garçon et dû apprendre.
Apprendre à aimer est un art difficile. Il faut commencer par faire confiance, il faut s’oublier un peu.
Et le temps de s’oublier, on se retrouve surpris par une grande déflagration au fond du ventre.

C’est une chouette aventure. Les garçons, c’est terriblement attendrissant, en fait. Il y a chez eux cette espèce de…d’incroyable fragilité à laquelle je ne m’attendais pas. Les femmes sont vénéneuses, elles séduisent, enchaînent. Les garçons, eux, sont adorables, dans tous les moments où ils ne font pas semblant. Et finalement, ils ne font pas si souvent semblant que ça. Ils sont durs, certes, mais pas vénéneux. Ils ont cette manière de poser leur corps, de régner silencieusement, avec désinvolture. Et il y a cet instant où ils ne se savent pas observés et que tu trembles de peur qu’ils ne cassent. C’est fou.

Les garçons qui hésitent à se réveiller, du plomb dans les yeux, brouillons, lourds. Ceux qui te regardent de loin, l’air de rien, et qui savent à quoi tu penses.

J’aurai appris à apprécier leurs silences, interminables, et leur immobilité troublante. J’osais à peine me lever d’une pièce à l’autre, de peur de remuer le silence. Et ça m’a fait du bien de commencer à apprendre à me taire. Les filles, on parle beaucoup trop.

Maintenant, j’en suis à poser ce silence-là tout contre moi et à le laisser manger les papillons dans mon ventre. J’aurai peut-être les lépidoptères à l’usure. Je suis sereine. C’était bien joli d’apprendre et de regarder tout ça. Il faut savoir dire au revoir.

C’est pas des bonheurs dingues comme ceux-là qu’on apprend le plus, c’est de leur disparition. C’est là qu’on apprend la valeur des choses et le poids des mots. Ma jeunesse a encore long à parcourir comme chemin.
Mais merci pour la loupiote sur la route 🙂

4 commentaires

  1. C’est marrant, je fais le cheminement exactement inverse en ce moment. Je compatis, c’est vachement déboussolant!

    Par contre, j’pense que tu parles surtout de certains garçons et certaines filles… Parce que je connais plein de bavards et de filles taciturnes, ca fait un peu cliché :/

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