Typologie du GrosRelou

Ne niez pas.
Vous aussi, vous avez été au moins une fois confrontée à un GrosRelou.
Sisi.

Le GrosRelou, c’est l’être humain, de sexe masculin, qui vient généralement se suspendre à vos basques (pour une durée plus ou moins longue) pour essayer l’impossible : vous convertir, vous, gentilles lesbiennes qui n’avez rien demandé à personne, à l’amour du mâââââle.
Le truc, c’est qu’ils ne sont pas les premiers et ne seront pas (malheureusement) les derniers à essayer, sans que cela change quoi que ce soit à votre déviance sexuelle. Petite typologie de cette espèce qu’on espère en voie de disparition.

1- Le GrosRelou grosseschevilles
Lieu de rencontre : soirées, boîtes «hétéro», bars
Apparence : T-shirt à la mode, cheveux courts, en pics, jean à 150 €, verre à la main.
Technique d’approche : Il te drague, tu lui dis poliment que tu n’es pas intéressée, que tu préfères les filles. Il te dit que t’as jamais essayé et que c’est pour ça que tu aimes les femmes. Si tu as effectivement essayé, mais pas aimé, il va te répondre que tu ne l’as jamais connu, lui.
Sa phrase fétiche : «Non mais tu verras, si tu découvres les hommes avec moi, tu pourras plus t’en passer».
La solution : Lui expliquer que vous avez lu dans un article très sérieux que les hommes prétendent toujours être meilleurs au lit qu’ils ne sont.
Lui avouer que ta mère avait le SIDA, donc toi aussi \o/

2 – Le GrosRelou déséspéré
Lieu de rencontre : Bars
Apparence : Il peut se cacher derrière n’importe quel gentil rocker avec sa bière à la main.
Technique d’approche : «Alors, t’es vraiment lesbienne ?» -oui- «Mais tu penses pas que tu vas changer ?» -Ben…non, je suis bien comme ça- «Mais pourquoi ?» -C’est comme ça, les mecs ne me font rien !- «Et si je te fais un câlin, ça ne te fait rien ?» -Non, rien- etc. Il va te tanner toute la soirée pour chercher la faille dans ta lesbienitude.
Il finit par se jeter à tes pieds en te priant de lui faire un câlin.
Sa phrase fétiche : «Non mais tu peux pas être lesbienne, que vais-je devenir, moi ? »
La solution : Avoir un bon pote qui te défait de son étreinte.
Lui donner une bonne douche froide, il est manifestement bourré.

3 – Le GrosRelou sourd
Lieu de rencontre : un peu partout
Apparence : Il peut être ton voisin, quelqu’un dans ta rue, dans un bar….il est donc multiforme.
Technique d’approche : Tu peux lui répéter sur tous les tons que tu es L.E.S.B.I.E.N.N.E., ils n’y croient pas, pensent que les lesbiennes «ça n’existe pas», et continuent à te demander ton numéro
Sa phrase fétiche : «Non mais c’est pas possible»
La solution : Lui donner un faux numéro.

4 – Le GrosRelou sexuel
Lieu de rencontre : soirées, boîtes «hétéro», bars
Apparence : C’est souvent le même que le GrosRelou grosseschevilles
Technique d’approche : Il te drague, tu lui expliques tes penchants. Il te propose un plan à trois, tu es évidemment ravie.
Sa phrase fétiche : «Tu voudrais bien coucher avec moi et ma copine ?»
La solution : lui demander si un plan à trois avec un autre homme, ça lui plairait, à lui.

5 – Le GrosRelou detonquartier
Lieu de rencontre : la rue.
Apparence : Lascar, portable allumé avec un truc qui grésille (je crois que c’est de la musique)
Technique d’approche : T’interpeller sur ton chemin pour que tu te retournes. Genre j’attire-ton-attention-alors-que-t’es-pressée-de-rentrer-chez-toi.
Sa phrase fétiche : «Hé mademoiselle, t’es charmante !».
La solution : Si tu es fem, devenir butch. Les butches sont immunisées : elles écopent du tout aussi sympathique «Hé mec, t’as pas une clope?».
Changer d’itinéraire.

Remarquez :

  1. La plupart des GrosRelous ne croient pas l’argument «visuel» (celui où vous roulez un patin magistral à votre petite amie), ils bandent. Dangereux.
  2. Leur logique est un peu biaisée : «Tu es lesbienne DONC tu vas coucher avec moi, le mââââle». Hum. Jusqu’à preuve du contraire, la lesbienitude entraîne l’absence des mâles dans nos lits. Le dictionnaire existe, les garçons : lesbienne = fille qui aime VRAIMENT les filles, pas ces greluches des films de cul qui s’excitent en couinant.
  3. Des fois, deux espèces peuvent se retrouver dans le même individu, ça devient corsé : un GrosRelou grossechevilles ET detonquartier, un GrosRelou sexuel ET sourd…

Vous pouvez toujours éclater de rire en les voyant arriver avec leurs gros sabots, et leur parler moto.